lundi, octobre 3, 2022
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Lutte contre l’onchocercose: le partenariat fructueux célébré au Cameroun

L’ambassadeur des États-Unis au milieu des acteurs de la lutte contre l’onchocercose à Minkama III

Aux côtés de l’ambassadeur des États-Unis au Cameroun, ceux qui interviennent pour l’élimination de cette maladie tropicale négligée ont apprécié les résultats de leur contribution lors d’une visite  le 6 septembre dans la Lékié.
Par Adrienne Engono Moussang

Le 6 septembre 2022, l’ambassadeur des États-Unis au Cameroun, son excellence Christopher Lamora, est allé toucher du doigt, l’effectivité de la lutte contre l’onchocercose à Minkama III dans le département de la Lékié. 9950 âmes vivent ici et dans d’autres environnants. L’ambassadeur a vu et apprécié le travail des distributeurs communautaires du Mectizan qui ont fait des démonstrations en direct du lieu de la cérémonie en présence des autorités traditionnelles, administratives et sanitaires. L’ambassadeur a encouragé ceux des distributeurs qui se sont distingués par leur engagement pour la lutte contre la cécité des rivières.

Grâce à ce travail louable des distributeurs de médicaments, Jean Ngono de Minkama II a recouvré la vue qu’il a perdue pendant plus d’un an.  Il ne pouvait plus ni lire ni voir. Même les lunettes que lui a fait acheter un médecin suite à des consultations n’ont rien changé. « C’est lorsqu’il prend deux doses gratuites de Mectizan qu’il recommence à voir. « Et j’ai tissé mon mariage avec le Mectizan », a témoigné le 6 septembre à Minkama III, celui qui est aujourd’hui un ambassadeur dans le combat contre la cécité des rivières.

L’onchocercose, le trachome et la filariose lymphatique sont les trois maladies tropicales négligées (Mtn) qui bénéficient des financements des Etats-Unis à travers le programme Act to End NTDs | West de l’USAID. Act | West, géré par FHI 360 et mis en œuvre au Cameroun par Helen Keller International (HKI), a considérablement œuvré dans d’élimination desdites MTN au Cameroun avec des résultats encourageants ; l’on s’achemine vers l’élimination du trachome et de la filariose lymphatique. Comme l’a rappelé l’ambassadeur Christopher Lamora.  Ainsi, plus besoin d’administrer massivement les médicaments contre la filariose lymphatique dans les 142 districts d’endémie, étant donné que sa transmission est interrompue, et que les plus de 16 millions de personnes à risque auparavant ne le sont plus. Pour le trachome, toujours à cause des résultats satisfaisants engrangés avec l’appui de HKI, l’administration massive de médicaments s’est arrêtée dans 19 des 21 districts sanitaires endémiques.

Près de neuf millions de cas d’onchocercose sont pris en charge. En plus, les États-Unis ont injecté 384 milliards de Fcfa dans le système de lutte contre le VIH, le paludisme, les Mtn, etc. « Nous disons merci au gouvernement camerounais et le ministère de la Santé publique pour la collaboration avec les États-Unis dans la lutte contre les Mtn », a relevé son excellence Christopher Lamora.

L’onchocercose est une maladie causée par le ver parasite Onchocerca volvulus transmise à l’homme par l’exposition à des piqûres répétées de simulies infectées du genre Simulium, elle se manifeste entre autres par des démangeaisons sévères, des affections cutanées causant des déformations du visage et une déficience visuelle, y compris une cécité permanente. Le traitement basé sur la population avec l’ivermectine (également connu sous le nom distribution massive de médicaments ou AMM) est la stratégie de base actuelle pour éliminer l’onchocercose, avec une exigence minimale de couverture thérapeutique de 80%.

De Gauche à droite, l’ambassadeur des États-Unis et le directeur pays de HKI au Cameroun

Le Dr Pierre Ngoumou, fils de la Lékié, inventeur de la cartographie d’évaluation de la prévalence est un fils de ce département.

Il aurait eu 67 ans, précisément le 23 septembre. Le Dr Pierre Ngounou a malheureusement quitté le monde en 1998 des suites de maladie, alors même que ses démarches pour l’acquisition de la nationalité américaine venaient d’aboutir. « Papa est décédé le 10 septembre, il a été inhumé le 25 du même mois et le 8 octobre, un courrier de l’ambassade des États-Unis l’invitait à produire les documents des membres de sa famille pour qu’ils aillent s’installer aux États-Unis parce qu’il avait gagné la loterie américaine. Lui, déjà mort et nous, ses enfants encore très jeunes, rien n’a pu être fait et nous continuons d’espérer que quelque chose peut toujours être fait », indique Marcien Ndzomo Ngoumou, greffier au tribunal administratif de Yaoundé, l’un des quatre enfants du Dr Pierre Ngoumou.

Marcien Ndzomo Ngoumou, porte-parole la famille du regretté Dr Pierre Ngoumou

Celui-ci reste tout de même fier de son père dont l’œuvre, autrefois critiquée et moquée, est désormais d’utilité. « C’est un sentiment de fierté et de joie qui m’anime (…)  Nous osons espérer que la mémoire du Dr Ngoumou reste vivante et surtout l’œuvre qu’il a commencée, anodine et insignifiante à l’époque. Il était traité presque comme un fou parce que le Mectizan était considéré comme quelque chose qui vient plutôt détruire et non guérir. Il y a eu des couples qui se sont séparés parce que le mari, après la prise du médicament, avait des pieds qui gonflaient. Nous pouvons maintenant comprendre qu’il reste un médicament essentiel pour la guérison de l’onchocercose », dit-il. Plus fier encore de ce que le Dr Pierre Ngoumou, fils de la Lékié a inventé la cartographie d’évaluation de la prévalence aidant  à circonscrire les zones endémiques de l’onchocercose grâce à la cartographie d’évaluation de la prévalence de l’onchocercose (REMO) et l’Ivermectine ou le Mectizan, et aussi que c’est grâce à une bourse de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), partenaire de poids dans la prise en charge de cette maladie au Cameroun, que son géniteur a étudié à la Tulane University de New Orleans. Un clin d’œil, en fait, au représentant de Joe Biden à Yaoundé mais aussi au gouvernement camerounais pour la reconnaissance de celui qui a coordonné le Programme national de lutte contre l’onchocercose de 1990 à 1994. Comme quoi, la Lékié aura tout donné pour éliminer cette Mtn présente dans 117 districts sanitaires au Cameroun.



Le directeur pays de HKI, Ismaël Teta|

Ismaël Teta|

Le Cameroun est en bonne voie pour stopper la transmission de l’onchocercose d’ici 2030

Le Directeur de pays de Helen Keller International souhaite que le travail collaboratif se poursuive.

Par AEM

Quel sens donnez-vous à cette cérémonie qui s’est tenue dans la Lékié ?

Ce jour marque le clou de la collaboration entre le gouvernement des États-Unis, le gouvernement du Cameroun et Helen Keller International (HKI) dans la lutte contre les maladies tropicales négligées (Mtn) en général et l’onchocercose.

Ce n’est pas un hasard si nous nous trouvons aujourd’hui dans le département de la Lékié qui est un département pionnier dans la lutte contre la cécité des rivières. Il y a plus de 30 ans, chaque année HKI touche environ neuf millions de personne avec ce médicament qui permet de prévenir l’onchocercose afin d’éviter aux populations de plusieurs départements comme celui de la Lékié aujourd’hui, de devenir aveugles. La lutte contre l’onchocercose est longue. Nous avons commencé il y a 30 ans avec l’Usaid et nous pouvons dire que le Cameroun est en bonne voie l’élimination de l’onchocercose cette maladie d’ici 2035.

Que pensez-vous du travail des distributeurs communautaires ?
les distributeurs de masses sont des piliers  et ils ont d’ailleurs été célébrés par l’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun et le gouvernement. Ce que je peux leur dire est de continuer car la lutte n’est pas aisée. Ils n’ont pas suffisamment de moyens et de ressources mais ils font du travail chaque année. Les acteurs clé de la lutte contre la cécité des rivières sont ces distributeurs communautaires-là, les agents de santé et les populations elles-mêmes qui doivent œuvrer pour que le travail se poursuivre.

La prise de Mectizan cause parfois  des effets secondaires ; que fait Helen Keller International pour gérer ce type de cas?
La prise de Mectizan s’accompagne de ce que l’on appelle effets secondaires qui sont très rares ; mais lors de la distribution des médicaments, nous sensibilisons les populations sur comment agir face aux effets secondaires. Elles sont conseillées de se rapprocher des formations sanitaires dès qu’un cas se signale. La prise en charge des effets secondaires immédiatement après le traitement au Mectizan est gratuite par le ministère de la Santé publique.

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