samedi, mai 21, 2022
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Finance climatique :: Le Ministre Camerounais des Forêts et de la Faune plaide aux États-Unis

Porteur de la voix du Cameroun et de la COMIFAC au sommet sur les forêts à New York, Jules Doret Ndongo a lancé un appel pour une reconstitution ambitieuse du Fonds vert et la réforme sans délai du Fonds d’Adaptation.

Par Adrienne Engono Moussang

Le Ministre des Forêts et de la Faune du Cameroun (MINFOF), Jules Doret Ndongo, à la tête de la délégation camerounaise et de celle de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (COMIFAC) au 17ème Forum des Nations Unies sur les forêts qui se tient à New York aux Etats-Unis, a déroulé leurs actions dans le cadre de la Décennie des Nations Unies tournée vers la restauration des écosystèmes forestiers le 9 mai dernier. Ce sommet a lieu à quelques mois de la 27ème Convention des Parties sur le Climat (COP27) qui va se tenir en Egypte, en terre africaine. Déjà, lors de la COP26, il y a eu des promesses des pays dits pollueurs comme l’indique le MINFOF : « Je voudrais ici saluer l’engagement et les efforts de la communauté internationale dans le cadre du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC), qui s’est manifestée par l’annonce, lors de la COP26 à Glasgow, de financement de 1,5 milliards USD en soutien aux pays du Bassin du Congo. » Mais rien de concret n’est à signaler, alors que des efforts sont consentis par des pays dans le but de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Une attente qui pourrait créer une crise de confiance. Et, à en croire le Président en exercice de la COMIFAC : « Ma délégation est toutefois préoccupée des progrès insuffisants en matière de finance climatique en direction des pays en développement. En effet, en l’absence d’une réponse rapide et effective de la communauté internationale à ces problématiques, la crise de confiance pourrait paralyser durablement la négociation climatique. Sur la base d’un engagement constructif, il est opportun que les pays développés avancent sur le volet du financement lors de la COP27 prévue en novembre 2022 en Égypte. »

La réduction du couvert forestier

Contrairement aux apparences, le taux de réduction du couvert forestier du Cameroun est l’un des plus bas du Bassin du Congo. « Avec un taux de déforestation nette d’environ 0,06% entre 2000 et 2005; et un taux de dégradation de 0,07 % », renseigne le MINFOF. Liant ces résultats aux efforts des autorités du pays dont ; « 17 millions d’hectares de forêts classées en aires protégées et en forêts de production (Unités Forestières d’Aménagement, Forêts communales, et autres réserves forestières) ont été classées dans le Domaine forestier permanent (DFP). 11 millions d’hectares sont actuellement sous aménagement », ajoute-t-il.

Et de poursuivre : « Le leadership du Cameroun est salué et reconnu en matière de gouvernance forestière, à travers la mise en œuvre de l’Accord de Partenariat Volontaire/FLEGT, et son engagement dans le cadre des actions sous régionales sous-tendues par la COMIFAC, la CEEAC, la CEMAC, en faveur de la transparence, de la légalité et de la traçabilité des produits forestiers proposés sur les marchés internationaux. » Le pays qui, grâce à ses 22,5 millions d’hectares, a une capacité de stockage de 5043 millions de tonnes de carbone soit 185 tonnes/hectare. Comment aller plus loin sans moyens conséquents ? Par exemple, 9 millions de dollars US, soit 5,6 dollars/hectare, sont nécessaires pour combler l’aménagement des forêts du domaine Forestier permanent.

Valorisation quantitative et qualitative des services écosystémiques

Le Ministre Jules Doret Ndongo à New York

« Je voudrais souligner que ma délégation demeure préoccupée que les mécanismes de financement de la biodiversité au moyen du Paiement pour Services Ecosystémiques ou Environnementaux (PSE) échappent encore aux pays de la sous-région du Bassin du Congo. Le débat autour de la fixation du prix du Carbone en est une illustration parfaite », relève le Président de la Commission pour les Forêts d’Afrique Centrale. La COMIFAC qui veut, entre autres : « Parvenir à une valorisation quantitative et qualitative des services écosystémiques pour les intégrer dans les processus de prise de décision et, au-delà, assurer le financement de leur préservation ; Définir, avec les Partenaires au développement, les modalités de la mise en œuvre opérationnelle des Paiements pour Services Ecosystémiques sur la base de critères prenant en compte, l’efficacité environnementale, l’efficience économique et l’équité et passer d’une logique de compensation des coûts d’opportunité, souvent caractérisée par un abandon de droits d’usage, à une logique d’investissement servant à financer des changements d’itinéraires techniques structurels. »

La mobilisation des ressources financières et le renforcement de la coopération technique et scientifique. Selon les dires de Jules Doret Ndongo : « Les défis en termes de financement pour une meilleure connaissance de la ressource écosystémique à travers la réalisation d’inventaires forestiers nationaux nécessitent environ 220 millions de dollars, soit 13 dollars/hectare. »

La mobilisation des ressources financières et le renforcement de la coopération technique et scientifique sont plus que jamais nécessaires. Ce ne sont pas les suggestions qui manquent ; « Ma délégation plaide pour une reconstitution ambitieuse du Fonds vert pour le Climat (FVC), un nouvel objectif chiffré de financement de la lutte contre le changement climatique pour la période postérieure à 2025 à partir d’un montant plancher de 100 milliards de dollars, sur la base de mécanismes durables et transparents, tenant compte des besoins réels des pays en développement. Le Cameroun lance par ailleurs un appel à la réforme sans délai du Fonds d’Adaptation relatif à l’Accord de Paris, en vue du maintien de l’équilibre actuel de la composition de son Conseil d’administration, et de la mise en œuvre de politiques opérationnelles favorisant une meilleure souplesse d’accès des pays en développement au fonds », déroule le MINFOF.

Le Ministre est également revenu sur le renforcement des synergies au niveau des Institutions, le renforcement de l’engagement des parties prenantes, la coopération, la coordination et la cohérence aux fins de la gestion durable et la politique et les actions entreprises par le Gouvernement de même que la COMIFAC.

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