Lutte contre le paludisme : le Cameroun sur la voie des solutions multiples

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    Classé parmi les onze pays les plus affectés avec au moins 4000 décès dont 2700 chez les moins de 5 ans en 2021, le pays veut impliquer ses stars dans la sensibilisation.

    Par Pierre Ulrich Edong

    Le thème choisi pour la commémoration de la Journée de lutte contre le paludisme : « Cultiver l’innovation pour réduire le fardeau du paludisme et sauver des vies », est une invite à des nouvelles options dans la lutte contre cette maladie aux impacts négatifs multiples tant sur le plan économique, social qu’économique. En 2020, environ 241 millions de nouveaux cas de paludisme ont été enregistrés dans 85 pays.  627000 personnes en sont mortes. Majoritairement des enfants de moins de 5 ans et plus dans les pays d’Afrique.  Le Cameroun trône dans le top 11 des pays les plus affectés. L’Enquête Démographique de santé de 2018 (EDS2018) situe à 24%, le taux national de prévalence de cette maladie provoquée par le parasite plasmodium et transmise par une piqûre de moustique infecté. Les symptômes souvent courants sont principalement des frissons et la fièvre qui apparaissent généralement dans les semaines qui suivent la piqûre, selon des spécialistes de la santé.

     La mobilisation de la société civile s’est encore illustrée lors de la commémoration de la Journée de lutte contre la malaria en 2022. Un appel a été adressé aux décideurs. En fait, pour la CS4ME qui est une plateforme mondiale des organisations de la société civile il faut : « Promouvoir l’équité et donner la priorité à la société civile locale dans la mise en œuvre des interventions de contrôle du paludisme. » Yannick Noah ne restera pas indifférents à cet appel.  « C’est une cause qui me tient à cœur. Cette maladie affecte principalement les plus vulnérables, notamment les femmes enceintes et les enfants. Si ma voix peut servir à cette cause, c’est avec plaisir que je m’engage à lutter pour ce qui compte pour sauver des vies », déclarait-il le 13 mai dernier à Yaoundé pour expliquer son engament dans la lutte contre le paludisme à l’initiative de l’Organisation non-gouvernementale Impact Sante en Afrique (ISA)

    8000 agents de santé communautaires (ASC) ont été formés

    Les températures en cours et l’insalubrité galopante au Cameroun sont favorables à la prolifération des agents vecteurs de la malaria.  C’est d’ailleurs ce que rappelle le dernier rapport du programme national de lutte contre la pathologie (PNLP). « L’assainissement de notre environnement pour lutter contre les piqûres des moustiques » est l’une des actions à mener, à en croire Joël Ateba, le Secrétaire permanent adjoint du PNLP qui appelle par ailleurs les familles à la prévention et à la prise de médicaments. 

    Dans la lutte, le Cameroun allie l’usage des moustiquaires imprégnées à longue durée d’action (Milda), la chimio-prévention, couplée au traitement préventif chez les enfants : 49% des femmes prennent les doses anti paludisme surtout dans les régions saisonnières; et enfin, la prise en charge (70% d’utilisation par microscopie). Il y a aussi la prise de médicaments au-delà des aspects institutionnels de la riposte anti paludisme : plaidoyer, renforcement des initiatives multisectorielles, surveillance épidémiologique, etc.

    Le taux de prévention est de 76,3% au niveau national. 86% des femmes ont reçu des Milda, 8000 agents de santé communautaires (ASC) ont été formés pour la détection des différentes formes de la maladie. 80% des fièvres ont été détectés et 15% des cas traités par ces derniers.