Saturday, August 13, 2022
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Forêt d’Ebo : Une mission de contrôle prescrite au délégué régional du Littoral

L’instruction du ministre Jule Doret Ndongo fait suite à la correspondance des organisations des Ong interpellant corps diplomatique occidental au Cameroun sur les impacts négatifs de la création d’une route dans ce massif forestier.

Par Adrienne Engono Moussang

La correspondance du ministre des Forêts et de la Faune (Minfof), Jules Doret Ndongo, datant du 25 juillet 2022, instruit le délégué régional dudit ministère à mettre sur pied et sans délai, une mission de contrôle mixte, brigade de contrôle et service régional dans le but de recueillir des informations sur la création d’une route traversant la forêt d’Ebo et sur l’exploitation illégale de la ressource sur ce site.

Cette instruction du Minfof intervient trois jours après qu’un collectif des organisations non-gouvernementales (Ong) ont saisi la délégation de l’Union européenne (Ue), le Haut-commissariat de Grande Bretagne, et les ambassades de France, d’Allemagne et des États unis d’Amérique au Cameroun. Ces Ong, Greenpeace, Green Development Advocate, le Centre pour l’environnement et le développement (Ced), Fern, Rainforest Foundation UK, Foder entre autres, demandent l’arrêt du projet routier en cours dans la forêt d’Ebo.

une vue de la forêt d’Ebo

Pour ces Ong, cette infrastructure est néfaste pour la biodiversité et pour les communautés villageoises. « Les communautés veulent se développer et les routes sont censées apporter un accès aux marchés, à l’éducation et aux soins de santé. Mais dans le cas d’espèce, la route n’est reliée à aucun village existant. Preuve qu’il s’agit d’une route devant servir à raser la forêt. Et les communautés risquent dès lors de perdre une ressource naturelle précieuse, qui assure leur subsistance », soutiennent-elles dans la correspondance.

Il s’agit là d’un énième rebondissement dans l’affaire de la forêt d’Ebo ; le 6 août 2020, une instruction du président de la République Paul Biya suspendait le décret du Premier ministre Joseph Dion Nguté du 14 juillet 2020 classant les 68385 hectare du massif forestier d’Ebo dans le domaine privé de l’Etat

Le président de la République ordonnait par la même occasion la suspension de la procédure de classement de 65 007 dans le département du Nkam en Unité forestière d’aménagement (Ufa) 07 005. Les décisions sont intervenues après la mobilisation des populations, accompagnées par des Ong locales et des partis politiques.

Seulement, la forêt riche en biodiversité est illégalement exploitée au détriment de la population et de l’Etat qui n’en tirent aucun bénéfice.  Si rien n’est fait pour stabiliser la situation, le massif va définitivement disparaître.

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