Deux millions de gigatonnes : la quantité de carbone séquestrées par les forêts de deux zones agro-écologiques du Cameroun

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    Les études menées par l’Observatoire nationale sur les changements climatiques, proposent, entre autre, la réalisation de l’inventaire des gaz à effet de serre du secteur des procédés industriels et utilisation des produits de 2010-2020 ; elles ont été présentées le 30 décembre.

    Par la Rédaction

      Les zones agro-écologiques à pluviométrie monomodale et bimodale (régions du Centre, du Sud, de l’Est, du Littoral et du Sud-ouest) ont été ciblées par les inventaires des gaz à effet de serre (GES) dans les secteurs de l’agriculture, foresterie et autres affectations des terres (Afat) et de l’énergie (de 2010 à 2018) au Cameroun, présentés le 30 décembre 2022 à Mbankomo, banlieue de Yaoundé. Un travail réalisé par l’Observatoire national sur les changements climatiques (Onacc) dont le directeur général, Joseph Armathé Amougou précise les raisons. « Dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord de Paris il est donné aux pays qui ont des forêts de les valoriser ; et la question que l’on entend souvent est celle de savoir, on valorise quoi ? on valorise combien ? Les inventaires des gaz à effet de serre dans la zone agro- écologique à pluviométrie monomodale et celle à pluviométrie bimodale viennent apporter une première réponse à ces questions », révèle-t-il.

    Et Enoh Peter Ayuck, le président du conseil d’administration de cette structure de renchérir : « L’Onacc a réalisé des études sur la contribution du Cameroun, dans la lutte contre le changement climatique. L’un des objectifs de ces études est que nos activités socio-économiques, nos sols, notre eau, notre forêt jouent des rôles dans la séquestration du carbone ; notre empreinte carbone a un coût mais elle n’est pas suffisamment valorisée et reste inconnue ; il est question à travers ces études de pouvoir   montrer nos efforts dans la lutte contre le réchauffement Climatique. »

    « Les résultats des travaux présentés ciblent deux zones agro-écologiques et confirment que le Cameroun pollue moins ; nous sommes plutôt à mesure de séquestrer deux millions de gigatonnes de carbones dans nos forêts à partir des arbres et des sols », indique le directeur général adjoint de l’Onacc, Forghab Patrick Mbomba.

    Comme lui ; le directeur général et le président du conseil d’administration souhaitent que ce travail d’inventaires soient aussi menés dans les trois autres zones agro-écologiques restantes pour avoir les chiffres globaux sur les efforts du Cameroun dans la lutte contre le changement climatique et la conservation des écosystèmes. A en croire les experts de l’Onacc, l’évaluation des activités montre que le secteur des transports au Cameroun pollue beaucoup mais en tenant compte de la capacité de séquestration de nos forêts, on arrive à un équilibre très Important. « En terme de retombées financières, nous sommes à 70 milliards de francs CFA qui peuvent entrer dans notre économie pour le marché carbone ; il est donc Important, non seulement de faire le même travail Dans les zones restantes, mais aussi avec les autres secteurs comme les déchets et procédés industriels. Nous souhaitons le faire en 2023.

    Les pertes dans le secteur agricole se chiffrent à 300 milliards de Francs CFA chaque année du fait du changement climatique

    Ainsi, affirme le directeur général adjoint, « une de nos études sur le changement climatique dans les régions de l’Ouest, de L’Adamaoua et le Sud a montré que les pertes dans le secteur agricole se chiffrent à 300 milliards de Francs CFA chaque année du fait du changement climatique.  Les températures en hausse ou en baisse affectent la productivité et nous devons tout faire pour améliorer cette situation si nous devons nourrir la population du Cameroun qui est en pleine croissance ; sinon, ce sera difficile d’atteindre les objectifs que le pays s’est assignés dans sa Stratégie nationale de développement pour 2030 (Snd30). Le changement climatique est l’un des grands risques pour la mise en œuvre de la Snd30. Nous devons travailler ensemble pour bien gérer cette Situation. »

    Comme perspectives, le Pr Amougou et son équipe suggèrent entre autres : « Réaliser l’inventaire des gaz à effet de serre du secteur de l’agriculture,, foresterie et autres affectations des terres de 2010 à 2018 dans les zones des hautes terres, soudano-sahélienne et hautes savanes guinéennes ; actualiser de L’ATLAS de l’évolution du couvert forestier du Cameroun de 2000 à 2020; réaliser l’inventaire des gaz à effet de serre du secteur des déchets de 2010-2020; réaliser l’inventaire des gaz à effet de serre du secteur des procédés industriels et utilisation des produits de 2010-2020 ; l’inventaire des gaz à effet de serre du secteur énergie de 2010-2020; produire le bilan carbone national ».