Sunday, July 3, 2022
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Crise anglophone :: MSF contraint de quitter le Sud-ouest

Cette Ong humanitaire, qui a connu le même sort dans le Nord-ouest, ployait depuis décembre 2021, sous une accusation d’exfiltration irrégulière d’un général de guerre blessé.

Par Engono Moussang

Les démarches entreprise par les responsables de Médecins Sans Frontières (MSF) pour convaincre les autorités camerounaises sur sa non-ingérence dans le conflit socio-politique dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest ne les ont finalement pas convaincues. Cette Ong humanitaire présente au Cameroun depuis des décennies, va fermer ses portes dans le Sud-ouest, comme ça a été le cas dans la région du Nord-ouest. Pour combien de temps ? la réponse est difficile à donner pour le moment.

En fait, selon un  communiqué du ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense,  dans l’après-midi du 25 décembre 2021, deux terroristes, Mbu Princely Tabe, alias « général Moving Star » et Bessong Eugène, alias, « général PA Lampat », en opération de repérage dans le but de boucler une attaque contre la brigade territoriale de gendarmerie de Tinto, dans l’arrondissement de Upper-Bayang, département de la Manyu, région du Sud-ouest, ont été blessés au cours d’un accrochage avec les éléments de cette brigade. Ces brigands ont joint M. Kale Mayur Milan, né le 30 janvier 1986 à Nagur, de nationalité indienne, chef de l’antenne MSF de Mamfe dans le Sud-ouest pour négocier leur exfiltration du département de la Manyu pour un centre de santé accessible.

Le cas problématique

Une ambulance appartenant à MSF, poursuit le communiqué ayant fait l’objet d’un article publié sur le site de Sciences Watch Infos le 28 décembre 2021, avec à son bord un chauffeur et une infirmière tous identifiés, sera dépêchée pour l’exfiltration des deux malfrats. Seulement, Bessong Eugène ayant succombé à ses blessures et inhumé sur place, l’équipe de MSF va immédiatement prendre en charge Mbu Princely Tabe et organiser son transfèrement vers le Presbyterian Medical Institutions de Manyemen dans l’arrondissement de Nguti, département du Koupé-Manengouba, région du Sud-ouest.

Médecins sans Frontières a accompagné le Cameroun dans la gestion des problèmes sanitaires

L’opération s’est faite, lit-on dans le communiqué du ministre de la Défense, sans aucune notification aux autorités administratives de la Manyu, comme il est prévu dans les protocoles qui lient le Cameroun à cette Organisation non-gouvernementale. Pour le gouvernement, « Médecins sans Frontières s’est ainsi délibérément engagée dans une opération clandestine d’exfiltration et de couverture des terroristes malgré les mises en garde répétées des autorités camerounaises. ».

En réponse à ces déclarations du gouvernement, Médecins sans Frontières qui ne semble pas nier avoir porté secours au général « Moving Star » se justifie. « Les allégations de complicité avec quelques auteurs de conflits mettent les malades et nos équipes en danger », indique un communiqué commis par cette structure. Dans nos missions au Cameroun et partout ailleurs, nous nous soucions de la prise en charge médicale des cas dans le besoin sans nous attarder sur leur passé ou leur appartenance, conformément à la Convention de Genève. Sauf que dans le cas précis, l’Etat du Cameroun ne lui reproche pas son assistance à des personnes en danger de mort, mais plutôt le fait de l’avoir fait sans autorisation des administratifs. MSF dit plutôt avoir informé les forces de défense, comme à son habitude.

Rappelons que cette organisation humanitaire a déjà été expulsée du Nord-ouest il y a quelques mois pour les mêmes raisons. Avant de s’engager dans les zones en conflit (l’Extrême-Nord, l’Est, le Nord et Sud-ouest), Médecins sans Frontières a accompagné le Cameroun dans la gestion des problèmes sanitaires comme le choléra et l’ulcère de buruli.

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