Alerte : 50% de grands singes disparus en six ans à Campo Ma’an

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    Le rapport Planète vivante 2022 du WWF présenté à Yaoundé le 03 novembre dernier propose le recours aux solutions basées sur la natur .

    Par Sintia Dounang

    A l’instar des années précédentes, le rapport Planète vivante 2022 du Fonds mondial pour la nature (WWF), présenté à la presse le 3 novembre en présentiel à Yaoundé et en visio-conférence au Gabon, a encore tiré la sonnette d’alarme sur la situation des mammifères, poissons, reptiles, oiseaux et amphibiens dans le monde. La population d’animaux sauvages a chuté de 69% en moyenne entre 1970 et 2018, et de 68% en 2020 dans le monde. En Afrique, cette chute est de 66%. Selon le rapport Planète vivante 2022 du WWF, réalisé avec l’appui de ZSL et portant sur l’état général de l’évolution de la biodiversité, particulièrement la faune sauvage, On dénombre aujourd’hui une perte qui atteint les 69% des espèces au niveau du Bassin du Congo. Ce qui représente plus de 30% de la moitié des espèces disparues. Cet accroissement de l’empreinte écologique également au niveau de la perte des populations et d’espèces. Une chose qui questionne le mode de protection du Bassin du Congo, qui fait face depuis quelques temps à d’importants challenges dont celui du changement climatique et de la perte de la biodiversité. Pour ce qui est de l’Afrique centrale, le rapport relève que des espèces sont menacées dans les zones chaudes. A Campo par exemple, une baisse de 50% de la population de grands singes a été enregistrée entre 2014 et 2020. Il faut préciser que cette localité abrite le parc national de Campo Ma’an, créé en compensation environnementale du passage du pipe line Tchad Cameroun aujourd’hui entouré des agro-industries.

    Le rapport démontre la relation étroite qui existe entre les changements climatiques et la perte de la biodiversité, et qui peut avoir des impacts négatifs sur l’humanité. Compte tenu du fait que l’espèce humaine vit sur la base des ressources naturelles, des forêts, elle devrait, avec la faune, permettre de maintenir des conditions écologiques, en plus de fournir des services écosystémiques, pense Dr Paul N’goran Kouamé, coordinateur du biomonitoring dans le Bassin du Congo.

    Cette situation alarmante démontre qu’il est impératif de réagir et de prendre des mesures correctives. Et ce rapport du WWF propose des solutions sur comment de manière générale l’humanité doit se conduire face aux différentes menaces qui sont relevées. Abordant ce pan, Jean Bakouma, directeur de la Conservation du Bassin du Congo estime que, lorsqu’on est confronté à ce genre de situation, il faut tout d’abord savoir que la conservation de la biodiversité est intimement liée au réchauffement climatique.

    Les donateurs manquent de coordination

    Ce qu’on peut faire dans le Bassin du Congo, c’est de définir les trajectoires de développement qui tiennent compte de la biodiversité. Il faut « décarbonner » l’économie et faire recours aux solutions basées sur la nature, revoir les modèles de consommation, demander l’appui de la communauté internationale, renforcer à la fois les capacités en Afrique et les financements par les partenaires à lutter contre le changement climatique et la perte de la biodiversité.

    Présenté à la veille de la 27ème Conférence des parties sur le changement climatique, la question des financements climat comme méthode palliative au changement climatique a été soulevée. Pour Jean Bakouma, les donateurs manquent de coordination. « Pour réussir, nous devons créer une coalition entre les acteurs du Bassin du Congo pour un plaidoyer vigoureux afin exiger d’abord cette coordination entre les bailleurs internationaux. La deuxième chose à faire ce n’est pas seulement se dire que nous avons un espace important à conserver mais de prouver que nous faisons des efforts de conservation de façon rigoureuse et irréfutable. Je pense que si nous combinons ces deux aspects, nous pouvons arriver à capturer ces financements », explique-t-il.

    inondation

    A relever que cette édition 2022 du rapport qui paraît tous les deux ans a été rédigée par 89 auteurs du monde entier. Il démontre dans son entièreté que la crise du climat et celle de la biodiversité constituent les deux faces d’une même pièce. Le principal facteur de perte de la biodiversité étant le changement d’utilisation des terres. Cette dégradation du climat, la perte de la nature, la pollution et les pandémies constituent d’énormes atteintes aux droits de l’homme. Selon les experts, enfin, le changement climatique risque de prendre cette position si le réchauffement de la planète n’est pas ramené à 1,5° dans les prochaines décennies.

    Photo : planète vivante